Impact du changement climatique sur les processus de dégradation de l'environnement dans le Nord du Burkina Faso : Application à l'identification des zones à risque majeur d'érosion et de perte de fertilité
Durée : 3 ans Version : 17/07/02
Personnel détaillé (% sur projet), par structure et fonction dans le projet.
Participants, grades et structures % sur projet Fonction
SANON M., AR CNRST 45% Bioclimatologie
YACOUBA H., MA EIER-ETSHER 45% Erosion/phys. du sol, Coordination
SOME L., CR CNRST 40% Bioclimatologie/Chimie Sol/Coord.
MAR L. MA EIER-ETSHER 30% Hydrologie/Modélisation
YONKEU S., MR EIER-ETSHER 30% Dynamique biomasse
DA E.D. MA Université Ouagadougou 20% Dynamique des paysages
KAFANDO P., MA Univ. Ouagadougou 20% Physique de l'Atmosphère
LAROCHE C., IR EIER-ETHSER 20% Hydrologie
MAHE G., CR IRD 20% Hydrologie/Modélisation
MAIGA A.H., Prof.EIER-ETSHER 20% Envasement des retenues d'eau
PATUREL J-E, CR IRD 20% Hydrologie/ Modélisation
TRAORE E.S., MA EIER-ETSHER 20% SIG
DEZETTER A., CR IRD 15% Hydrologie/ Modélisation
SERVAT E., DR IRD 10% Hydrologie/ Modélisation
MAMANE C. IR EIER-ETSHER 5% Dynamique biomasse
Dir. Générale Hydraulique Suivi et mesures hydrauliques
Dir. Nationale Météorologie Suivi et mesures météorologiques
Remarque : des étudiants en formation de DEA et d'Ingénieurs ainsi que des Doctorants seront recrutés pour renforcer l'équipe
Résumé du projet
La baisse constatée de la pluviométrie a entraîné depuis 30 ans un modification de la végétation, accélérée par la pression anthropique. Dans les zones humides (pluviométrie supérieure à 1000 mm/an), la diminution de la pluviométrie a entraîné une baisse des écoulements de surface des rivières comme dans la majeure partie de l’Afrique de l’Oust depuis 30 ans, même dans les zones où on constate une augmentation des zones cultivées (Mahé, 2000).
Dans les zones plus sèches (pluviométrie inférieure à 600 mm/an) notamment dans la partie nord du Burkina Faso, malgré la baisse de la pluviométrie, on observe une augmentation des écoulements (Abdourhamane, 1995 ; Taweye, 1995 ; Amani et Nguetora, 2002). Cette augmentation d'écoulement se traduit par :
Dans ce contexte la dégradation de l’environnement s’accélère et réduit la production des écosystèmes et provoque une surexploitation des différentes ressources naturelles.
L’objectif global de ce projet est de mieux comprendre l’impact du changement climatique sur les processus de dégradation de l’environnement dans le bassin supérieur du Nakambé. Dans ce bassin, la combinaison entre facteurs climatiques et les activités anthropiques donne lieu à des formes de dégradation allant de la disparition des formations forestières à l’apparition des sols nus avec formation de croûte de battance. Malgré ce niveau de dégradation, ce bassin présente encore un intérêt socio-économique certain. En effet il constitue le bassin du Burkina Faso le plus peuplé avec une densité de 53 habitants/km2 (MEE) avec une forte activité agropastorale.
Les objectifs spécifiques contribueront à développer des modèles intégrés de ruissellement, végétation et de transfert d’énergie dans le bassin du Nakambé. Ils s’inscrivent dans le cadre du programme de AMMA (Analyse Multidisciplinaire de la Mousson Africaine).
Les études qui seront abordées permettront de faire l’état des lieux de la dégradation dans ce milieu et prévoir son évolution sous l’influence du climat et des activités anthropiques. Ainsi les études hydrologiques seront combinées aux études pédologiques, bioclimatologiques, météorologiques et de dynamique de la biomasse pour mieux comprendre le fonctionnement de ce bassin et son influence sur la mousson.
Pour nos travaux on choisira trois sous-bassins en fonction des édaphotopes majeurs, représentatifs des combinaisons les plus fréquentes de lithologie et géomorphologie sur le bassin.
Mots clés : Changement climatique, zone à risque, perte de fertilité, AMMA, modélisation, état de surface
A-Contexte scientifique
I- Changement climatique/hydrologie
Lorsque durant plusieurs années de suite les valeurs des paramètres climatiques sont significativement éloignées des moyennes, on peut soupçonner un changement dans la moyenne. L’application de tests statistiques de détection de ruptures dans les séries chronologiques (Hubert et al., 1989) permet de séparer les populations de points ayant des caractéristiques statistiques significativement différentes, avant et après " rupture " climatique (Mahé et al., 2001 ; L’Hôte et al., 2002 ; Ouedraogo et al., 2002 ; Paturel et al., 2002)
Au Burkina Faso l’étude des pluies, des températures et des évaporations entre 1950 et 2000 permet d’apprécier les changements climatiques survenus dans le pays (Diello et al., 2002 ; Girard et al., 2002 ; Paturel et al., 2002)
Les isohyètes se décalent vers le sud à partir de 1970 (L’Hôte et Mahé, 1996). Les pluies diminuent sur tout le pays, avec un minimum pendant les années 80. Durant la décennie 90 les totaux annuels remontent, tout en restant inférieurs à ceux des années 50 et 60.
L’examen des séries les plus longues (Bobo par exemple) nous indique que la sécheresse récente est la plus longue jamais observée depuis l’installation des appareils de mesure.
Des tests statistiques permettent de situer ce changement climatique vers 1970, avec quelques variations locales.
Les températures et les évaporations (ETP), augmentent corrélativement.
Quels sont les impacts de ces changements climatiques sur l’environnement et les ressources naturelles du Burkina Faso ?
La diminution des pluies a entraîné depuis 30 ans une modification de la répartition de la végétation, accéléré par la pression anthropique sur l’environnement : coupes pour le bois de chauffe, défrichements des nouvelles terres cultivables, et dégradation croissante des terres cultivées ou surpâturées (Mahé, 2002).
Dans la moitié sud du pays, plus humide, la diminution des pluies entraîne une baisse des écoulements de surface dans les rivières, comme dans la majeure partie de l’Afrique de l’Ouest et Centrale depuis 30 ans, même dans les zones où l’on constate une augmentation des zones cultivées.
Dans la moitié nord par contre, malgré une baisse des pluies, on observe une augmentation des écoulements sur le Nakambe, et les affluents de rive droite du fleuve Niger qui prennent leur source au Burkina (haute Sirba, haut Goroubi, etc..) semblent aussi avoir vu augmenter leur ruissellement depuis 20 ans (Abdourhamane, 1995 ; Taweye, 1995 ; Anonyme, 2000 ; Amani et Nguetora, 2002 ). Cette augmentation des débits est à relier à une augmentation des zones cultivées et des zones de sols nus, au détriment des surfaces de végétation naturelle, comme l’a montré une étude récente de l’évolution des états de surface sur le bassin depuis 1965 (Mahé et al., 2002a ; 2002b), ainsi qu’une autre étude Yonkeu et al. (2002) sur le nord du bassin du Nakambé, et enfin les travaux de Leduc et al. (2000) sur les aquifères de la région de Niamey.
Par contre dans le bassin du Gorouol au nord, moins anthropisé, les débits ne semblent pas augmenter depuis 1970 (Anonyme, 1997).
Un sol en végétation naturelle retient l’eau de ruissellement et en permet, d’une part une plus grande infiltration, et d’autre part une utilisation de l’eau plus massive par les plantes. Un sol cultivé présente un état de déstructuration de l’horizon superficiel qui le rend plus vulnérable à l’érosion. A l’étape ultime de la désertification apparaît un sol nu, sur lequel plus rien ne pousse (Casenave et Valentin, 1988). Des études agronomiques récentes réalisées au Burkina par Fournier et al., (2000), et Yacouba et al. (2002), permettent de chiffrer les coefficients de ruissellement des différents types de surfaces.
L’augmentation des écoulements et de l’érosion a pour conséquence :
Un envasement plus rapide des retenues d’eau,
Un sous-dimensionnement de nombreux ouvrages, y compris Bagré,
Une augmentation des surfaces impropres à la culture.
II- Sols
On identifiera tout d’abord les édaphotopes, c’est à dire les combinaisons entre les types de sols/lithologie, et les facteurs géomorphologiques : pente, relief, altitude, qui occupent le plus de surface sur le bassin.
Les sols peu évolués d'érosion (associés à des lithosols sur cuirasses) couvrent la majeure partie du bassin de Nakambé (Marchal, 1983). On y trouve également des sols hydromorphes associés aux sols ferrugineux lessivés décrits comme étant pauvres chimiquement et des structures instables (Roose, 1987).
La morphologie des versants est celle des dômes éventrés ou des alignement de cuirasses ou des buttes correspondant à des restes isolés de cuirasses. Les dômes éventrés apparaissent entourés des alignement des cuirasses qui présentent leurs corniches.
Les glacis constitués d'un épandage de colluvions sur cuirasses à pente faible forment la transition entre les zones hautes et les zones humides de bas-fonds.
La succession buttes-glacis-bas-fonds contrôle ainsi la répartition des sols, la végétation et l'occupation humaine.
III- Végétation
Le bassin du Nakambé est soumis à une forte dégradation due aux effets conjugués du climat et des activités anthropiques. En effet, de nombreux travaux réalisés dans la zone du bassin versant supérieur du Nakambé font apparaître une rapide progression des zones cultivées et des sols nus au détriment des formations végétales naturelles (Marchall, 1983; Kanziémo, 1999 ; Soulé, 1999, ; Borrell, 2000).
Cette diminution est le plus souvent irréversibles et les sols se retrouvent sans aucune protection anti-érosive. Sous l'action de l'agressivité climatique (pluie et vent) il s'y développe des croûtes de battance ou des taches d'induration qui favorises l'érosion et le ruissellement dans ces zones. En effet des études récentes (Yacouba, 2002) ont montré un faible régime d'infiltration (< 10 mm/heure) sur les différentes unités géomorphologiques qui constituent majoritairement le haut bassin du Nakambé. Sur ces mêmes unités le coefficient de ruissellement peuvent atteindre 57% avec des pertes de terres qui avoisinent 5.5 t/ha/an sur les glacis dénudés.
IV- Population et activités anthropiques
De part sa situation géographiques dans le plateau central densément peuplé ce bassin fait l'objet de diverses sollicitations pour : i) l'approvisionnement en eau ; ii) l'agriculture et l'élevage ; iii) les ressources forestières et piscicoles et iv) l'énergie.
Le nombre de barrages sur ce bassin : 400 sur 2000 (pour le Burkina) témoigne de l'importance de ce bassin dans l'activité socio-économique du pays.
B- Les grands objectifs du projet
L'interrelation étroite entre la sécheresse et les activités des hommes à pour conséquence la dégradation de l'environnement. Or cette dégradation réduit la possibilité de production des écosystèmes et pousse à une surexploitation des différentes ressources naturelles, ce qui fragilise encore davantage le milieu, accentue la sécheresse et perturbe la vie humaine. Comment sortir de ce cercle vicieux ?
La réponse à cette question passe, nécessairement par des études à l'échelle des processus permettant de mieux comprendre les impacts de la variabilité climatique combinée aux activités anthropiques sur la dynamique du couvert végétal et sur l'évolution du cycle hydrologique.
Le bassin du Nakambé est une zone de transition entre le Sahel et les régions forestières. Les activités économiques y sont très importantes surtout l'élevage (grande zone de transhumance) et l'agriculture (importantes activités de cultures irriguées et de cultures pluviales).
Dans ce bassin, la combinaison entre les facteurs du milieu (sévérité du climat en particulier) et les activités des hommes donne lieu à des formes de dégradation allant de la disparition des formations forestières et leur remplacement par les savanes arbustives et les steppes, à la dénudation totale du sol avec formation des croûtes de battance (dans le bassin supérieur), et aux comblements des lacs, retenues d'eau et cours d'eau.
En effet la déforestation et le défrichage combinés à la baisse généralisée de la pluviométrie entraînent la modification du milieu conduisant à la disparition des arbres. La zone se retrouve dénudée et exposée à l'agressivité climatique notamment la pluie qui entraîne le tassement du sol. Ce tassement diminue l'infiltrabilité et la Réserve en eau du sol et augmente le ruissellement. A ce stade encore l'érosion est limitée et le sol peut être récupéré par une mise en jachère. Avec la pression foncière liée à la pression démographique, les temps de jachères sont de plus en plus courts et la jachère ne joue plus son rôle de restauration de la fertilité des sols (Roose E., 1993). On assiste à une baisse significative de rendement et de biomasse. Le sol devient très sensible à l'érosion qui conduit, à ce stade, à des pertes de terre importantes et à de perte de fertilité accélérée. Alors apparaîssent des sols nus et stériles au bout de quelques années.
Ce projet qui peut être subdivisé en deux sous-thèmes qui seront abordés de manière concomitante (Cycle de l'eau et condition de surfaces terrestres) cherche d'une part à mieux définir les interrelations entre les paramètres hydro-météorologiques (pluie, ruissellement, infiltration, flux d'énergie) et le couvert végétal et leur impact sur le cycle hydrologique, et d'autre part à améliorer les connaissances indispensables à une régionalisation efficace des phénomènes liés à l'érosion par une intensification des mesures et une spatialisation à l'aide de SIG.
Pour atteindre ces objectifs les axes de recherches suivants sont définis :
C- Actions de recherche
Les axes de recherches définis seront réalisés à travers quatre actions de recherches. Ces actions concourent à atteindre les objectifs définis et seront détaillées dans les paragraphes ci-dessous pour une meilleure lisibilité des rôles de chaque partenaire du projet et des différents champs scientifiques intéressés.
I-Hydrologie/Modélisation
Ce champ comprend deux sous actions qui permettront d'atteindre les objectifs spécifiques suivants :
I-1 Erosion hydrique et envasement des retenues d'eau
Pour faire face à la baisse des ressources en eau, le Burkina Faso a réalisé des milliers des petites retenues d'eau durant les décennies de 1970 à 1980, destinées à l'approvisionnement en eau des populations, l'irrigation et les besoins pastoraux.
Cependant, la plupart de ces plans d'eau ainsi créés font l'objet d'un comblement précoce par transports solides réduisant considérablement leur capacité d'emmagasinement et provoquant une dégradation de la qualité des eaux et aggravant les conflits d'usages.
L'érosion mécanique causée par le ruissellement sera estimée à travers l'évaluation de l'ablation produite au niveau des différents sites et à l'exutoire.
Pour chaque sous-bassin choisi pour l'étude, une retenue d'eau fera l'objet d'une évaluation du niveau de comblement et de flux de matières solides.
Les résultats de ces mesures seront associés à ceux de l'érosion mécanique et à ceux des états de surface (végétation, sols) pour évaluer les risques d'envasement des retenues d'eau dans la zone de l'étude.
I-2 Modélisation/Transfert d'échelle
Deux objectifs sont ciblés pour cette partie : la modélisation des écoulements à grande échelle (pas de temps mensuel et grand bassin), et le transfert d’échelle. La station de référence du Nakambé était jusqu’à la construction du barrage de Ziga, la station de Wayen (20 800 km²). La station se trouvant maintenant en aval du barrage il faut équiper une nouvelle station en amont du barrage. On pense à remettre en service la station de Yilou (environ 10 000 km²), ou une autre station plus en aval. Ceci est impératif pour perpétuer une chronique de longue durée sur le Nakambé. La station de Yilou ayant fonctionné temporairement par le passé, il sera peut-être possible d’effectuer une corrélation avec Wayen pour allonger statistiquement les séries. On a montré (Mahé et al., 2002b) que la modélisation des écoulements mensuels du Nakambé (et de toutes les rivières sahélo-soudaniennees en général (Ouédraogo, 2001)) était améliorée par la prise en compte de la variabilité spatio-temporelle des états de surface et d’occupation du sol. Un des objectifs de ce projet est de fournir des descriptions précises des états de surface sur le haut bassin du Nakambé, et sur tout le Burkina-Faso, historiques et actuelles afin d’améliorer la modélisation des écoulements.
Cette modélisation sera couplée à une approche nouvelle de typologie des régimes hydrologiques appelée méthode Débit-Durée-Fréquence (QdF), qui permet la régionalisation des caractéristiques des écoulements (Mar et al., 2002).
D’autre part, Diallo (2000) a montré au Mali que les transports de matières en suspension diminuent très rapidement avec la taille du bassin versant. Il est donc prévu d’équiper plusieurs bassins emboîtés de taille croissante pour les mesures hydrologiques, afin d’étudier le transfert d’échelle et la corrélation entre les transports solides et liquides. Il s’agit en particulier de mesurer les écoulements à la sortie des petits bassins expérimentaux comprenant les parcelles d’étude de l’érosion (échelle 1-10 km²), puis à la sortie de bassins de 100 et 1000 km². Chaque station devant mesurer les débits solides et liquides.
II-Bioclimatologie/Bilan d’énergie
L’objectif spécifique est de mieux caractériser et comprendre l’action des contraintes climatiques sur les ressources naturelles et particulièrement l’évolution des végétations naturelles et cultivées dans leur biodiversité.
Les actions à mener consistent à suivre et / ou mesurer les transferts de masse et d’énergie entre la surface du sol et l’atmosphère par l’intermédiaire du couvert végétal.
Sur le plan méthodologique, on combinera des mesures et observations de terrain avec l’utilisation des données satellitales (NOAA/AVHRR et/ou Météosat).
Ainsi on suivra certains indicateurs de l’état hydrique du couvert végétal en utilisant des températures de surface cumulées ou les écarts entre températures de surface et températures de l’air. Les mesures au sol seront faites à l’aide de radiothermomètre.
L’évaporation sera estimée en utilisant la température de brillance satellitaire (ETP selon la méthode de Morel ). Les valeurs seront comparées à celles obtenues en utilisant certains modèles agrométéorologiques et les formules de calcul disponibles. Cela devrait permettre en quelque sorte de valider la méthode Morel.
III-Pédologie/Physique du sol
Les sols sous couvert végétal présentent une bonne structure permettant ainsi un bon stockage des eaux des pluies dont une partie est mise à la disposition des végétaux et l'autre partie, l'excédant, contribue à l'alimentation des nappes qui contribuent aux écoulements de surface des rivières. Dans ces conditions favorables le bilan hydrique est positif et les lois décrivant le comportement hydrique du sol sont relativement constantes.
Lorsque le couvert végétal disparaît, le sol est exposé aux effets mécaniques des agents climatiques (eau et vent). Il s'en suit, alors une modification de la surface du sol soit par encroûtement, soit par une diminution d'épaisseur des sols ou par un dépôt sableux. Ces phénomènes ont pour effet une modification permanente du comportement hydrique du sol qu'il est utile de cerner afin de mieux comprendre les lois qui le caractérisent.
Dans la partie nord du Burkina Faso et particulièrement dans le bassin supérieur du Nakambé, les sols sont soumis à une intense érosion et l'approche physique du sol permet de comprendre dans quelle mesure les états de surface du sol influencent les différents termes du bilan hydrique. En effet cette connaissance permet d'obtenir des paramètres d'entrées pour la modélisation relative au fonctionnement hydrique de différents types de sols (h(q ), K(q ))) et d'en déduire la dynamique de l'eau.
Cet approche visera donc les objectifs suivants :
Trois types de mesures sur différents états de surface permettront d'atteindre les objectifs cités:
IV- Végétation/Biomasse
La régression des formations végétales a pour corollaire l’érosion des sols sous toutes ces formes (hydrique, éolienne) se traduisant par la formation des croûtes de battance et des tâches d’induration, le lessivages des états de surface et le comblement des cours d’eau et des retenues.
L'étude de la dynamique de la biomasse à travers :
permettra d'atteindre les objectifs suivants :
Les outils et méthodes d'évaluation qualitative et quantitatives seront nécessaires pour l'atteinte des objectifs :
V-Synthèse de produits attendus
Le SIG est un outil transversal et de recherche. Il permet une présentation homogène pour différentes disciplines et par croisement de couches d'informations permet aussi d'atteindre certains objectifs : Cartographie de zones à risques majeurs.
Pour cela la prise en compte de la distribution spatiale d'un certain nombre d'informations et de données est nécessaire:
La modélisation de ces données dans un SIG permettra de procéder à leur croisement et à diverses analyses spatiales pour produire des cartes de risques de dégradation des sols et de l'environnement. La base de données géographiques résultante pourra éventuellement être publiée et consultée sur internet.
D- Liens avec les programmes internationaux
Les relations avec les grands programmes internationaux suivants sont envisagés :
FRIEND-AOC
HYCOS, et en particulier HYCOS-Volta
Programme similaire en cours de montage au Mali
E- Éléments du budget
Les éléments du budget tiennent compte de la méthodologie adaptée : 3 sous bassins sont retenus pour les mesures. Pour certains cas une quatrième et une cinquième mesure sont prévues à l'exutoire des trois sous bassins (cas des mesures limnimétriques et pluviométriques, analyse des flux de matières, …). Les mesures de terrain annuelles seront effectuées par des stagiaires ingénieurs qui resteront sur les sites pendant toute la saison des pluies. Ce qui réduit les coûts. Cependant le recrutement d'un technicien chargé de la maintenance des appareils est indispensable. Les Services Nationaux de la Météorologie et de l’Hydraulique participeront à la gestion des réseaux de mesures.
Les éléments du budgets sont donnés en Euros
Stations de mesures
Bioclimatologie : achat de 3 postes (bilan d’énergie ) 15 000 E
Centrales pluviométriques complètes, alimentation solaire x 5
(1 à 2 par sous-bassin, + 1 pour compléter le réseau national) 16 000 E
Pluviomètres classiques x 10 pour compléter le réseau 3 000 E
Centrales limnimétriques complètes, alimentation solaire x 5
(1 par sous-bassin versant + 1 par bassin emboîté (2)) 20 000 E
Matériel de dépouillement : terminal, interface, socle 2 000 E
Physique du sol :
1 Infiltromètre à disque déporté, modèle SW080B, avec disque de 20cm: 2500 E
1Disque déporté supplémentaire, de diamètre 8cm: 650 E
1 Humidimètre à neutrons et tubes d'accès : 1600 E
3 Systèmes STM2150C: (76.10 E x 3) :
(excl. capillaire, mercure et cannes tensiométriques STM) 230 E
3 rouleaux de capillaire nylon STM21309 (50m): (49 x 3) : 150 E
3 flacons de mercure 1kg: (53 x 3) : 160 E
Matériel de jaugeage :
Micro-Jaugeages : 3 micro moulinets, 3 perches et 3 compteurs, plus câbles.
Hélice autocomposante pas 0.25 x3 2 500 E
Etalonnage hélice en cm x 3 3 200 E
Micro moulinet C2 complet x 3 5 000 E
Moulinet C31 x 3 7 000 E
Jaugeages grandes largeurs
Zodiac type Mark II 5 000 E
Moteur 9 ch 3 500 E
Adaptation pour mesures 1 500 E
Helice pas 0.5 1 000 E
Etalonnage helice 1 000 E
Cable et treuil 3 000 E
Cable ancrage 2 000 E
Saumon 25 kg 2 500 E
Compteur d’impulsions x 5 2 500 E
Suivi de l’érosion : placettes (27), bouteilles, pompes à vides, verrerie, filtres,
balance de précision, tuyauterie, casiers à bouteille, prises d’échantillons
(suivis sur le terrain) 8 800 E
Images LANDSAT x 6 7 500 E
Prises de vue aériennes 6 x 3 = 18 photos 1 000 E
Achat photos aériennes anciennes 3 000 E
GPS 1 000 E
3 machines PC windows fixes 7 000 E
un PC portable windows 3 500 E
3 imprimantes : 2 couleurs et 1 noir et blanc 1 700 E
1 scanner 800 E
5 onduleurs 1 500 E
Logiciel IDRISI 4 500 E
Fournitures et consommables de bureau : papiers, cartouches d’encre etc… 2 500 E
Consommables de terrain : papier limni/pluvio, cahiers de relevé, etc… 2 500 E
Recrutement d’un assistant de recherche de formation technicien supérieur
pour l’installation et le suivi du matériel sur les sites d’étude 14 000 E
Frais de mission : nombre de déplacements / jours de travail / technicien /
ingénieurs et chercheurs (30 jours x 12 personnes x 55) x 3 59 400 E
Mission à l’étranger : congrès, ateliers scientifiques : (7 jours x 100 E )
+ (voyages x 1 500 E) x 12 26 500 E
Analyses chimiques : majeurs, carbones, MES 14 000 E
Communications 10 000 E
Location ou achat d’un véhicule de tournée 30 000 E
Frais de mission chauffeurs (30 E x 150 j x 3) 13 500 E
Entretien véhicule, frais divers, assurance : 12 196 E
Carburant pour les missions :
1 mission = 1000 km, 20 missions par an = 20 000 km/an,
+ 10 000 km/an en ville = 30 000 km/an, x 3 = 90 000 km x 20l/100 km
= 18 000 l x 0.76 euro = 13680 E
Financement d'une thèse :
350 euros par mois pendant 3 ans = 21960euro,
plus 915 euros par an de fonctionnement = 24705 E
Divers et imprévus 7 310 E
Total en euros 371 581 E
Total en FF 2 437411.6 FF
Total en FCFA 243 741158 000 F CFA
Pour 3 ans, soit 123 861 E (812 470FF ; 81 247 000 FCFA) par an.
Références
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