Contribution Sénégal
Veille Climatique et Modélisation Régionale de la région soudano-sahélienne aux pays de la Basse Côte du Golfe de Guinée.
Contribution de Laboratoires et Institutions : LPASF, DMN, CRTCA, LERG
Rédaction provisoire: ESP/LPASF-DMN
Plan
Préambule
I Contexte et motivations
II Principaux domaines de compétences en Afrique de l’Ouest
III Objectifs Scientifiques
IV Produits Attendus
V Méthodologie, Données et Observations nécessaires
VI Contributions des Pays du Sud
VII Moyens nécessaires
VIII Bibliographie
IX Equipes et chercheurs impliqués
Préambule:
Les propositions de recherche qui suivent ont un caractère provisoire. Elles sont destinées à instruire une contribution ouest-africaine au programme " Mousson Africaine " et ne sont point exclusives d’autres coopérations régionales. Bien au contraire, il est attendu que ce programme " Mousson Africaine " puisse être un support de renouvellement de coopérations scientifiques régionales déjà anciennes en Afrique de l’Ouest, comme l’opportunité de relations nouvelles.
I Contexte et motivations
L’espace ouest-africain relève climatiquement de grandes régions : Sahel, région soudano-sahélienne et région de la Basse-Côte du Golfe de Guinée. Les régimes pluviométriques que l’on y observe vont de la ligne de grains (systèmes convectifs mobiles caractéristiques des régions sahéliennes), aux phénomènes de convection locale (plus fréquents dans les régions au vent de la mousson).
Ces systèmes convectifs (qui dépendent de paramètres physiques, thermodynamiques à différentes échelles spatio-temporelles) se sont manifestés par une importante variabilité inter annuelle des pluies, principalement durant les 20 dernières années.
En raison de l’impact économique induit par cette vulnérabilité aux aléas climatiques, les équipes de recherche en Afrique de l’Ouest ont plus particulièrement étudié les systèmes convectifs en réponse à des demandes nationales (prévision à moyenne ou courte échéance, estimation des pluies, prévision de rendements agricoles, modélisation régionale, prévision saisonnière,…).
Le programme " Mousson Africaine " offre aux équipes de Recherche et Développement en Afrique de l’Ouest l’opportunité :
II Principaux domaines de compétences en Afrique de l’Ouest
Un rapide bilan des compétences effectivement développées en Afrique de l’Ouest et à poursuivre nous a semblé utile.
A - Etude des MCS (Systèmes Convectifs à Méso-échelle)
- Evolution des lignes de grains du Niger aux côtes sénégalaises ;
- Evolution en zone côtière et cyclogénèse
- Relation entre dimension fractale des systèmes convectifs et pluviométrie
- Effets orographiques
- Estimation des pluies par satellite et radar
- Evolution en zone côtière
B – Modélisation régionale et Prévision Saisonnière
- Scénarios climatiques (impacts de phénomènes à grande échelle et changement d’échelle)
- Modélisation régionale
- Prévision saisonnière
Les objectifs que ces équipes se proposent de poursuivre et qui entrent dans le cadre de Mousson Africaine sont les suivants
III Objectifs Scientifiques
1) Evolution des systèmes précipitants:
Approfondir la connaissance de la dynamique des systèmes précipitants mobiles et des pluies générées au cours de leur déplacement Est-Ouest du Niger au Sénégal: le but visé est d'apporter un complément d'information aux prévisionnistes et aux agro-météorologistes.
Cet objectif impliquera :
-l’étude des facteurs locaux d’évolution des systèmes convectifs (orographie, équilibre thermodynamique, dimensions caractéristiques (durée de vie, dimension fractale,…));
- la prise en compte de facteurs éloignés ( variabilité du flux de mousson, SST,…)
- l’estimation de la pluviométrie associée (échelle locale)
2) Modélisation régionale atmosphérique
Le projet s’inscrit dans l’introduction de modèles climatiques régionaux en Afrique. Le but ici est l’étude des phénomènes atmosphériques de basse et haute fréquences caractéristiques de l’Afrique de l’Ouest durant la mousson Africaine.
3) Prévision saisonnière statistique et numérique
Depuis quelques années la DMN du Sénégal en coopération avec le centre ACMAD s'est investie dans les prévisions saisonnières des pluies en relation avec la variabilité de la SST du globe (Folland, 1991) et plus particulièrement de celles du golfe de Guinée (Ward, 1998). La relation SST du golfe de Guinée et pluie au Sahel passe nécessairement par la mousson (Eltahir, 1996). Il s'agit de vérifier cette relation avec un modèle statistique plus élaboré incluant d'autres indices liés à la variabilité de la mousson.
4) Etude climatologique
- Etude de séries temporelles: phénomènes à longue mémoire dont la dynamique peut être modélisée (cf. WB/partie 1: Motivation and Background : ".. two sequences of a few extremely dry years were part of a longer drought that lasted continuously from the end ...."
- Occurrence de phénomènes rares ou extrémaux (catastrophes naturelles).
- Analyse statistique des performances des prévisions (cf.. partie II/3rd proposal)
- Caractéristiques moyennes de la mousson sénégalaise.
5) Méthodologie commune de suivi opérationnel des MCS et d’estimation des pluies associées
Généralisation d'une méthode de détermination de l'intensité moyenne climatique de pluie à partir des données satellitaires. Applications du Cameroun au Sénégal :
De nombreuses études ont montré que la détermination par satellite de la structure verticale des nuages convectifs n'était pas possible en utilisant seulement l'infrarouge thermique et que l'estimation des pluies par satellite était imparfaite (B. Guillot, 1995). On a alors utilisé le radar aussi bien pour la détermination de la structure spatiale des amas nuageux, que pour la quantification des précipitations. Pour un exposé de ces techniques on peut se reporter par exemple à H. Sauvageot (1992).
- En Afrique sahélienne de telles études ont été effectuées, au Niger lors de l'expérience EPSAT-Niger ( Lebel T. et al., 1992) et, à une période différente, au Sénégal dans le cadre de l'expérience EPSAT Sénégal (Fongang et al., 1995 ; Diop et al.1995, Nzeukou et al., 1995).
- Aucune étude simultanée par radar n'a été faite dans cette région où l'essentiel des précipitations provient des systèmes nuageux mobiles de type lignes de grains (LG) se propageant d'Est en Ouest en été boréal.
L’étude de la dynamique des lignes de grains et des précipitations qu'elles génèrent le long de leur trajectoire est possible à l’échelle régionale grâce à l’existence sur chacun des sites Dakar, Bamako et Niamey d'un radar centimétrique de 400 km de portée, et de ressources humaines déjà expérimentées dans ce domaine.
IV Produits Attendus
Au niveau "Recherche" :
- Meilleure connaissance des systèmes convectifs mobiles en zone tropicale,
- Indice de prévision de lignes de grains sur le Sénégal.
- Modèle régional atmosphérique
Au niveau "Développement":
- Etalonnage de réflectivités radar/pluies en différents sites (du Sahel à la Basse-Côte),
- Mise en place d’un réseau régional d’estimation des pluies par satellite et radar
- Renforcement des capacités nationales et meilleure stratégie de suivi agricole
V Méthodologie , Données et Observations nécessaires
1) Evolution des systèmes précipitants:
-L’étude des MCS (Systèmes Convectifs à Méso-échelle) privilégiera comme par le passé, l’exploitation de sorties de modèles, les observations de radars (Niamey, Bamako (à numériser), Abidjan et Dakar), et les données de satellite. Cette démarche est adaptée aux PVD, où le réseau d’observations synoptiques reste lâche.
- Une attention particulière sera accordée à la zone côtière (Sénégal) et à l’évolution des MCS en mer: l’étude des caractéristiques thermodynamiques des systèmes convectifs y sera donc poursuivie en couplant ces jeux de données (observations et modèles).
Chercheurs impliqués: LPASF et DMN
2) Modélisation régionale atmosphérique
Objectif : Utilisation sur place en mode opérationnel d'un modèle régional de prévision.
Il s’agit de voir l’amélioration que peut apporter ce type de modèle par rapport à des prévisions locales généralement faites par des modèles de circulation générale (GCM). Ce genre de modèle régional permet aussi, de tester différentes sensibilités à des processus qui interviennent dans la variabilité climatique d’une région donnée: par introduction directe, par imbrication avec un modèle dédié au processus spécifié ou par couplage (Qian and al., (1999), Dickinson and al. (1993), Giogio and al. (1991, 1992, 1993, 1994).
Pour la région concernée par ce travail, l’Afrique de l’Ouest, en dehors de la nécessité de pouvoir prévoir les perturbations principales en période de mousson (orages locaux, lignes de grains, ondes d’est ), il est important de mieux comprendre les sources de variabilité du climat en général. Dans notre cas nous nous intéresserons essentiellement à la variabilité de la pluviométrie.
Chercheur impliqué: Abdoulaye Sarr DMN/LPASF
3) Prévision saisonnière statistique et numérique
Le centre ACMAD dans le cadre de sa coopération avec l'IRI a acquis les sorties du modèle de Circulation générale ECHAM 3.6 forcée par la SST observée de résolution 300 km. On peut utiliser ces sorties pour initialiser le Modèle à Aire Limitée RSM 97 du NCEP (copie disponible à la DMN) centré sur l'Afrique de l'Ouest pour vérifier dynamiquement cette hypothèse en simulant la variabilité : "SST - Mousson - Pluie au Sahel".
Chercheur impliqué: Ousmane Ndiaye DMN/LPASF
4) Etude climatologique (en appui à une modélisation climatique)
- Analyse de séries temporelles intéressant le Sénégal: détermination de risques climatiques extrêmes.
- Analyse statistique de données spatiales (Meteosat, Noaa.
- Etude diachronique de l’évolution de la mousson sénégalaise
Chercheurs impliqués: ,CRCTA, DMN, LPASF, UGB (St Louis)
5) Méthodologie de suivi opérationnel des MCS et d’estimation des pluies associées
L’objectif est d’améliorer les estimations actuellement disponibles et d’obtenir une précision acceptable à différentes échelles spatio-temporelles.
- L'évolution à grande échelle spatiale des systèmes convectifs peut être étudiée à l'aide de données de satellites météorologiques. Cependant, les estimations de pluie que l'on peut en déduire sont relativement biaisées par les nuages cirriforme non précipitable (B. Guillot, 1995).
- Le radar permet une étude de ces systèmes à l'échelle locale ou sous régionale (quelques centaines de kilomètres), avec une précision de quelques centaines de mètres et à faible pas de temps (une à quelques minutes).
- Les expériences pilotes de couplage de ces deux types de données, déjà réalisées à Dakar, doivent être étendues à l’ensemble de la "sous-région" avec utilisation des moyens suivants:
Ces moyens permettent:l'étude de la cinématique des L.G., la dynamique interne des amas nuageux, l'évolution de l'activité convective et par conséquent celle des précipitations (Diop et al., 1995).
Les radars ainsi étalonnés par les données de pluviographes numériques, serviront de base au renforcement d'une stratégie de suivi agricole.- Chercheurs impliqués : F. Kébé, H. Sauvageot , A.Nzeukou, D. Badiane, A. Konaré
VI Contributions des Pays du Sud
- Contribution de différents enseignants-chercheurs relevant d’Universités partenaires.
- Collecte par les équipes africaines des jeux de données spécifiques à leurs programmes (veille météorologique, sauvegarde des données de radars numérisés de l’ASECNA, de pluviographes et disdromètres des laboratoires de recherche (dont LPASF)).
- Sauvegarde de données de satellites météorologiques (Meteosat et Noaa) par des laboratoires communs (LERG) et institutions nationales DMN.
- Initiation et formation des partenaires aux techniques d’exploitation des données radar, satellitaire et pluviographiques.
VII Moyens nécessaires
Différents moyens seront nécessaires en accompagnement en matière de :
VIII Bibliographie
- Diop, M., H. Sauvageot, S. Fongang, 1995: -Estimation des pluies par le calcul des aires fractionnelles sur des perturbations de type lignes de grains en zone côtière. Publ. Ass. Inter. Clim., 8, 136 - 144.
- Eltahir, E. A. B., and C. Gong, 1996: Dynamics of Wet and Dry Years in West Africa. J. Climate, 9, 1030-1042.
- Folland C. K.,. J. Owen, M. N. Ward and A. Coleman, 1991: Prediction of seasonal rainfall in the Sahel region Using Empirical and dynamical methods. J. Forecasting, 10, 21-56.
- Fongang S., M. Diop, G. Adamou et H. Sauvageot, 1995. Contribution à l'étude des précipitations liées aux Lignes de Grains par radar et satellite au Sénégal en été 1993. Publ. Ass. Inter. Clim., 8, 145 -153.
- Giorgi, F., and L. O. Mearns, 1991 : Approches to regional climate change simulation : A review, Rev. of Geophys., 29, 191-216.
- Giorgi, F., G. T. Bates, and S. J. Nieman, 1992 : Simulation of the arid climate of the southern Great Bassin using a regional climate model. Bull. Am. Meteorol. Soc., 73 :11, 1807-1822.
- Giorgi, F., G. T. Bates and M. R. Marinucci, 1993 :developement of a second generation regional climate model (RegCM2) II : convective processes and assimilation of lateral boundary conditions. Mon. Wea Rev., 121, 2814-2832.
- Guillot B., 1995. Satellite et précipitations. Contraintes techniques et physiques, Analyse de quelques méthodes, problèmes de recherche et validation. Veille Clim. Satel., 55, 11, 27 - 58.
- Lebel T., H. Sauvageot, M. Hoepffner, M. Desbois, B. Guillot and P. Hubert, 1992. Rainfall estimation in the Sahel : The EPSAT Niger experiment. J. of Hydrol. Sci., 37, 201 - 215.
- Ndiaye O., M. N. Ward and W. Thiaw, 1999 : Diagnostic study of relationship between decadal and interannual rainy season variability in Senegal with SSTAs. Proceedings of the Workshop on the West African Monsoon Variability and Predictability (WAMAP), WMO, TMRP 63, TD 1003,242 p.
Ndiaye O., 2001 (in press) : Dynamical and statistical downscaling over west africa during a dry and wet year. Proceedings of IRI downscaling course january to april 2001, Columbia University.
- Nzeukou A., S. Fongang, M. Diop et H. Sauvageot, 1995. Établissement d'une relation entre …
- Ward, M. N., 1998: Diagnosis and Short-Lead Time Prediction of Summer Rainfall in tropical North Africa at Interannual and Multidecadal Timescales. J. Climate, 11, 3167-3191.
IX Institutions ou chercheurs partenaires du projet
- Direction de la Météorologie Nationale du Sénégal,
- Laboratoire de Physique de l’Atmosphère Siméon Fongang/ESP/UCAD
- Centre de Recherches Tropicales de Climatologie en Afrique
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- Aliou Diop: UFR Maths Appl et Info, Université Gaston Berger de Saint-Louis(Sénégal);
- Armand Nzeukou; Université de Dschang (Cameroun),
- Abdouramhanne Konaré (LAPA-Abidjan),
- Henri Sauvageot, Laboratoire d’Aérologie, Université Paaul Sabatier (Toulouse)
X Traduction des sigles utilisés
- ACMAD : Centre Africain pour la Météorologie et le Développement
- ASECNA: Agence pour la Sécurité de la Navigation aérienne en Afrique et à Madagascar,
- CRTCA: Centre de Recherches Tropicales de Climatologie en Afrique, UCAD, Dakar,
- DMN : Direction de la Météorologie Nationale du Sénégal,
- ESP : Ecole Supérieure Polytechnique, UCAD, Dakar,
-LERG:Laboratoire d’Enseignement et de Recherche en Géomatique (DMN/IRD/ISRA/UCAD),
- LPASF: Laboratoire de Physique de l’Atmosphère Siméon Fongang/ESP/UCAD, Dakar
-LAPA: Laboratoire de Physique de l’Atmosphère d’Abidjan.
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