
un pêcheur interviewé par Hadiza le 5/06/2008 |
Soutenance
d'un DEA en Géographie sur les "Conséquences de la variabilité du niveau du lac
Tchad sur les activités de pêcheurs de la rive nigérienne du lac Tchad"
Le 31 janvier 2009, Mlle
KIARI FOUGOU Hadiza a soutenu publiquement à lUAM son mémoire de DEA en
Géographie dont le thème est : « Conséquences
de la variabilité du niveau du lac Tchad sur les activités des pêcheurs de la rive
nigérienne du lac Tchad ». Le travail a été dirigé par :
Ø Boureima
Amadou, Département de Géographie, UAM,
Niamey
Ø Lemoalle
Jacques, G-Eau, IRD Montpellier
Ø Genthon
Pierre, Hydro sciences, IRD Niger
Ø Guillaume
FAVREAU, Hydro sciences, IRD Niger.
Résumé:
depuis plusieurs centaines d'années, lac Tchad a connu des variations importantes
de son niveau et de sa surface. Ce lac a toujours connu des variations importantes de son
niveau et de sa surface. Ainsi, les surfaces en eau ont principalement évolué, 25 000 km2
en 1963, 18 000 km2 en 1967, 9 000 km2 en 1973 et 6000 km2 dans les années 1990. Le lac est donc passé
dun état dit « Tchad normal », formé dun unique plan deau,
à un état dit « petit Tchad », constitué de deux plans d'eau de part et
d'autre (au nord et au sud) d'une zone de hauts-fonds exondée. La principale cause de cet
assèchement est la variabilité climatique, notamment lirrégularité des
précipitations sur le bassin dalimentation du Chari-Logone, tributaire de 90 % des
apports deau au lac.
La rive nigérienne, située
au nord, a été particulièrement affecté par les variations récentes du niveau du lac
(le Chari-Logone se déversant dans la cuvette sud). La cuvette nord s'est même
temporairement ou totalement asséchée au cours des années 1970. Depuis une décennie,
une nette remontée des eaux du lac est cependant observée.
Pour les populations de la
rive nigérienne du lac Tchad, la pêche constitue l'une des principales ressources
économiques. Les retraits et retours des eaux du lac ont donc induit des changements
d'activités et des flux migratoires. De plus l'évolution du contexte écologique
(augmentation des surfaces palustres, disparition de certaines espèces de poisson) a
entraîné une modification des techniques de pêche.
Lobjectif du
travail était d'évaluer l'impact de la variabilitédes niveaux du lac Tchad sur
l'activité socio-économique des différents groupes de pêcheurs, les méthodes et
techniques employées par les pêcheurs. Une telle étude nécessite une description des
mutations écologiques intervenues et contribue donc à la connaissance des potentialités
halieutiques de la partie nigérienne du lac.
Létude effectuée concerne 255 pêcheurs âgés de 25 à 50 ans et répartis dans 5
villages et 6 campements de la rive nigérienne et de lintérieure de la cuvette
nord du lac. Cette population comprend 55% de non nigériens. Un des résultats de cette
étude est la diminution extrême de lichtyofaune, puisque sur les 33 espèces de
poisson couramment péchées dans les années 1960, seules 3 semblent subsistent
actuellement (Clarias sp, Tilapia sp et Heterotis niloticus).
Cela pourrait être partiellement du à la modification des conditions écologiques avec
le passage dun système de type lacustre à un système de type marécageux. On
pourrait aussi mettre en cause lévolution des techniques de pêche avec en
particulier lutilisation croissante des matériels non règlementaires.
Les pêcheurs sadaptent
à la variabilité du lac en pratiquant plusieurs activités (agriculture, élevage, petit
commerce) ainsi quen se déplaçant le long du lac.
Ce travail sinscrit
dans le cadre dun effort concerté pour étudier les relations entre la ressource en
eau, sa disponibilité, les usages qui en sont fait et les changements climatiques
intervenus dans la région. |